28/11/2009

L horloge

--------------------------------------------------------------------------------Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,Dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi !"Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroiSe planteront bientôt comme dans une cible;Le plaisir vaporeux fuira vers l'horizonAinsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;Chaque instant te dévore un morceau du déliceA chaque homme accordé pour toute sa saisonTrois mille six cents fois par heure la Seconde Chuchote: Souviens-toi!- Rapide, avec sa voixD'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!Remember! Souviens-toi! Prodigue! Esto memor!( Mon gosier de métal parle toutes les langues.)Les minutes, mortel folâtre, sont des ganguesQu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!Souviens-toi que le Temps est un joueur avideQui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi,Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!La gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide,Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,Où l'auguste Vertu, ton épouse encore vierge,Où le Repentir même ( oh! la dernière auberge! ),Où tout te dira : Meurs vieux lâche! il est trop tard!Charles Baudelaire (Les fleurs du mal)

22:30 Écrit par PARA CRECER TENEMOS TANTA NECESIDAD DE SEGURIDAD COMO DE AMBIGUEDAD Y DE CAOS dans coin pour les poetes | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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